On en croise de temps en temps sur les pistes. Les pieds tanqués sur leur planche, seul face à la pente. On pourrait s’imaginer que les monoskieurs sont une espèce en voie de disparition. Mais il n’en est rien. Un petit groupe résiste encore et toujours à la domination du snowboard. Une escadrille droite dans ses fixations rassemblée ce week-end à Serre Chevalier pour la 24e édition du mondial du monoski. Slalom, épreuve de vitesse, les 230 adhérents de l’association française du monoski (AFM) ont montré au grand public de quoi ils étaient capables. Fini la vieille planche toute droite et les combinaisons fluo, le mono ce n’est pas pour rire. "C’est la glisse ultime", assure Pierre Bidault, le président de l’association. "Ça passe sur tous les terrains et surtout dans la poudreuse. Les nouveaux modèles n’ont rien à voir avec ceux des années 80".
Dans leur village des marques installé à 1900 mètres d’altitude au cœur du domaine skiable, on parle performance. "Le côté moderne du monoski est moins connu. Avec les shape paraboliques, les planches sont faciles et maniables. Elles excellent dans les virages sur piste et restent très efficaces en hors-piste", confirme Franck Speissegger, le vice-président. "Et en plus c’est bon pour ceux qui ont des problèmes de genoux", enchaîne Christel venue de Sanary tenter sa chance dans la compétition.
Les fabricants français en première ligne
Né dans les années 70, le monoski s’offre une seconde jeunesse grâce à l’AFM. Relégué au second plan avec l’avènement des snowboards dans les années 90, des fabricants français veulent aujourd’hui inverser la tendance à l’image de la marque Snow Gunz installée à Chamonix. Le nombre de pratiquants est estimé à plus d’un millier en France aujourd’hui. L’association et son mondial rêvent de relancer la machine. Objectif : remettre en place une base de compétition pour intégrer la fédération française de ski, le potentiel est là.