ET JE SERAIS LA MUSIQUE POUR NOTRE UNION
De Mohamed Ghannem
Si je savais que mes parents, les berbères, avaient
Des âmes si douces, si altières, qu'ils préféraient
Les cimes des montagnes à la mer
Et qu'ils échangeaient leur repas contre un bel air.
Si je savais que mes parents, les arabes, étaient
Presque tous des nababs, qu'ils toléraient mieux
Gazelles et serpents au dépens des crabes et que leurs
Plaintes étaient sources de larmes pour Leïla et Rabab.
Si je savais que mes amis, les français,
Restaient malgré le surréalisme un
Peu romantiques, qu'ils oubliaient
Tout plaisir contre un instrument qui
Envoûte et pique et qui, même lors de
La mort, exigeaient la musique.
Je veux être partout, chez tous, la
Musique pour raffiner les goûts
Et poétiser les répliques. Peut – être
Demain, parlerons – nous avec la
Même éthique, une langue, la
Même en Asie, en Australie, en Europe,
En Amérique et en Afrique.